Commedia

Publié le par Lucie et Petra

Pour resituer notre projet, il s’agit d’un livre-jeu en italien destiné à un public de pré-adolescents (6° bi-langues).

Notre analyse des besoins s’est basée sur une observation de 6H de 2 classes et d’entretiens avec deux professeurs d’italien. La demande de l’institution, représentée dans notre cas par ces enseignantes du secondaire, concerne en priorité le développement de l’expression orale ! Il est vrai que dans le BO n °6 du 25 août 2005 hors série, l’oral (compréhension, expression, interaction) occupe 8 pages sur 12. C’est bien en adéquation avec le palier 1 à atteindre en début de collège. Mais pour nous se pose le problème : comment développer l’expression orale devant un ordinateur ? 

Une autre demande  se situe sur un plan syntaxique. Les élèves bloquent sur les accords dans les GN (entre les noms et les adjectifs). Ils connaissent les règles qui régissent ces accords. Mais dès qu’ils ne sont plus dans un contexte précis où ils savent qu’ils doivent utiliser ces accords, ils se trompent. Le constat qui s’impose est qu’il n’y a pas eu transfert de l’exercice vers une pratique plus authentique. Les savoirs restent des savoirs déclaratifs et ne se transforment pas en savoir procéduraux. Nous devons donc trouver des activités qui mettent les élèves en situation réflexive. Ils doivent prendre conscience de ces règles et surtout savoir les appliquer dans n’importe quelle situation communicative (orale/écrite).

Mais après une discussion avec Mme Papert, il semblerait que ce genre de problème d’apprentissage ne puisse se résoudre que par des activités d’expression orale, et dans la diversification de ces activités. Nous en revenons donc à notre premier problème à résoudre car l’ordinateur ne développe pas cette compétence.

Nous pensons utiliser l’ordinateur comme un outil de médiatisation. Cet outil participera, comme élément essentiel, à la réalisation d’une tâche dont la validation se passera en classe à l’oral et en interaction.

Les activités proposées seront toutes présentées dans un premier temps sous forme audio pour développer la compréhension orale. Nous effectuerons des enregistrement avec des natifs (si possible voix féminine et masculine).

Autres compétences à développer : la compréhension et la production écrites, la culture et l’interaction. Mais là, pas de grosses difficultés de conception et de réalisation (du moins nous l’espérons !).

Le scénario se doit d’être ludique et accrocheur pour un public jeune. Il doit motiver et soutenir l’intérêt de ces élèves habitués à être très sollicités et chez eux et au collège. Notre macro-tâche consiste donc à résoudre une énigme sous forme d’un livre-jeu et, pour y parvenir, à surmonter des obstacles. 

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A
Votre problème est double : 1- comment développer l'expression orale "devant un ordinateur" ? Ce n'est pas, effectivement, l'idéal puisqu'il ne peut y avoir d'interaction que très limitée. Mais pensez que l'ordinateur n'est pas une fin en soi, et que son utilisation est  intégrée dans un dispositif d'apprentissage qui permet, lui, une pratique de l'oral puisqu'il inclut des temps de travail en classe et avec l'enseignant.2- on peut alors  se demander en quoi l'ordinateur peut, non pas constituer un entraînement à cette interaction orale, mais développer des compétences susceptibles de produire des effets à l'oral.  On rejoint alors votre second problème, à savoir l'écart existant entre ce que vous appelez savoirs déclaratifs et savoirs procéduraux (en situation d'interaction réelle, hors exercice). En effet, l'écart que vous constatez entre les connaissances déclaratives et les connaissances procédurales tient à plusieurs facteurs, comme : * la rapidité et la complexité de l'interaction orale* compte tenu de ce premier constat, la difficulté à focaliser son attention sur plusieurs objets en même temps, en particulier la nécessité de faire fonctionner la communication d'un point de vue pragmatique et, en même temps, la nécessité de faire attention à la langue. Les élèves ont une double, voire triple, quadruple... tâche à effectuer. Charge cognitive trop importante pour tout gérer en même temps.* une expérience d'apprentissage dans des  circonstances qui favorisent rarement l'autonomie et l'auto-évaluation linguistiques dans la production d'énoncés car, dans la majorité des cas, la correction est prise en charge par l'enseignant.Sur ces trois facteurs : rapidité, focalisation sur plusieurs objets, autonomie... il me semble que l'ordinateur a des choses à apporter, même si c'est à travers des activités qui ne ressemblent pas vraiment à celles d'interaction orale en classe.Enfin, dernière suggestion : l'activité grammaticale n'est pas fondamentalement, ou ne devrait pas être fondamentalement, une activité PRODUCTIVE mais d'abord une activité RECEPTIVE. Si vous concevez des activités dans lesquelles les élèves sont en situation de réception auditive par rapport aux problèmes de langues que vous constatez, alors vous vous approcherez des conditions de l'interaction orale en classe. Voir, par exemple, pour des actiivités de ce type The Anti-grammar grammar book, qui est au Centre de  Documentation.Allez, bon travail.
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N
En effet, cela promet d'être intéressant de "trouver des activités qui mettent les élèves en situation réflexive". Je vous conseille sur le sujet de la métacognition de lire le livre de Grangeat qui se trouve à la bibliothèque du CDL. Bravo pour le descriptif. On voit bien comment l'observation alliée aux IO peuvent apporter des pistes de conception.
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